À partir du 1er septembre 2026, les règles de la carrière longue au 1er septembre 2026 évoluent pour certains futurs retraités. Des assurés nés entre 1964 et 1970 ayant commencé à travailler avant 20 ans pourront, sous conditions, partir quelques mois plus tôt que selon le calendrier précédent. Une autre évolution permet désormais de retenir certaines majorations ou bonifications liées aux enfants parmi les périodes réputées cotisées, dans une limite globale de deux trimestres par assuré.
Ces changements ne rendent cependant pas le départ anticipé automatique. L’année de naissance, l’âge du début d’activité et surtout la durée d’assurance cotisée ou réputée cotisée restent déterminants. Avant d’envisager une cessation d’activité, mieux vaut donc comprendre les nouvelles règles, contrôler son relevé de carrière et obtenir une confirmation de sa caisse.
Ce qui change au 1er septembre 2026
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a suspendu une partie de la montée en charge de la réforme des retraites de 2023. Il ne s’agit donc pas d’une abrogation générale de cette réforme, mais d’une adaptation de son calendrier.
Pour la carrière longue, le décret du 7 mai 2026 modifie notamment l’âge de départ de certains assurés ayant commencé leur activité avant 20 ans. Les nouvelles dispositions concernent les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Pour plusieurs générations, l’âge possible de départ est ainsi avancé de quelques mois.
Un second décret, publié le 31 juillet 2026, apporte une autre évolution : certaines majorations ou bonifications de durée d’assurance attribuées au titre des enfants peuvent entrer dans la durée réputée cotisée nécessaire à la carrière longue, dans une limite de deux trimestres par assuré.
Ces deux mesures doivent être distinguées. Une personne concernée par le nouveau calendrier d’âge ne bénéficie pas nécessairement de la mesure relative aux enfants, et inversement. Les autres conditions de la carrière longue continuent de s’appliquer.
Qui peut bénéficier d’une retraite anticipée pour carrière longue ?
Le dispositif permet de partir avant l’âge légal lorsqu’une carrière professionnelle a commencé suffisamment tôt et qu’une durée d’assurance suffisante a été acquise. Il existe plusieurs seuils : avoir commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans.
Le début précoce de l’activité ne constitue donc qu’une première condition. Il faut également avoir réuni un nombre minimum de trimestres au début de la carrière et disposer de la durée d’assurance cotisée ou réputée cotisée correspondant à sa situation.
En règle générale, cinq trimestres doivent avoir été acquis avant la fin de l’année civile au cours de laquelle l’assuré atteint le seuil d’âge concerné. Quatre peuvent suffire pour une personne née entre le 1er octobre et le 31 décembre. L’Assurance retraite mentionne également cette possibilité pour une carrière ayant débuté dans le régime des non-salariés agricoles.
La carrière longue permet, sous conditions, de liquider sa retraite avant l’âge légal ; elle ne doit pas être confondue avec la retraite progressive à partir de 60 ans, qui associe une activité réduite au versement d’une partie de la pension.
Les nouveaux âges pour un début d’activité avant 20 ans
Les changements les plus faciles à visualiser concernent les personnes ayant commencé à travailler avant 20 ans. Le tableau ci-dessous reprend les principaux repères communiqués par l’Assurance retraite pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
Principaux changements pour les assurés ayant commencé avant 20 ans
| Année de naissance | Âge possible selon les nouvelles règles | Durée indiquée |
|---|---|---|
| 1964 | 60 ans et 6 mois | 170 trimestres |
| 1965, du 1er janvier au 31 mars | 60 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| 1965, du 1er avril au 30 novembre | 60 ans et 9 mois | 171 trimestres |
| 1965, du 1er au 31 décembre | 60 ans et 8 mois | 171 trimestres |
| 1966 | 60 ans et 9 mois | 172 trimestres |
| 1967 | 61 ans | 172 trimestres |
| 1968 | 61 ans et 3 mois | 172 trimestres |
| 1969 | 61 ans et 6 mois | 172 trimestres |
| 1970 | 61 ans et 9 mois | 172 trimestres |
Ces âges concernent le cas documenté d’un début d’activité avant 20 ans. Les seuils correspondant à un début avant 16, 18 ou 21 ans répondent à d’autres paramètres. Surtout, atteindre l’âge affiché dans ce tableau ne suffit pas à établir un droit : le nombre et la nature des trimestres enregistrés dans le dossier individuel restent essentiels.
Deux trimestres liés aux enfants : qui peut en profiter ?
Le décret du 29 juillet 2026 introduit une évolution importante pour certains parents. Des majorations ou bonifications de durée d’assurance attribuées au titre des enfants peuvent désormais être prises en compte pour apprécier la durée d’assurance réputée cotisée nécessaire à la carrière longue.
La limite est de deux trimestres par assuré. Il ne s’agit donc ni de deux trimestres accordés pour chaque enfant, ni de deux trimestres automatiquement ajoutés à toutes les carrières.
Cette mesure ne transforme pas non plus l’ensemble des droits liés aux enfants en périodes cotisées. Elle permet de retenir certaines majorations ou bonifications prévues par les textes, dans les conditions propres aux régimes concernés. Plusieurs régimes de base et de la fonction publique sont visés.
Concrètement, ces trimestres peuvent aider certains assurés à compléter la durée réputée cotisée nécessaire au départ anticipé. Ils ne garantissent cependant pas, à eux seuls, l’accès à la carrière longue.
Trimestres validés et cotisés : quelle différence ?
Cette distinction explique pourquoi le nombre total de trimestres visible sur un relevé ne permet pas toujours de conclure immédiatement à une éligibilité.
Un trimestre cotisé correspond en principe à une période d’activité ayant donné lieu au versement de cotisations de retraite. Un trimestre validé peut aussi provenir de certaines périodes pendant lesquelles la personne n’a pas travaillé ou cotisé de la même manière.
Pour la carrière longue, certaines périodes peuvent néanmoins être considérées comme cotisées, dans des limites fixées par les textes. Cela peut notamment concerner, selon les situations, le service national, le chômage indemnisé, la maladie ou les accidents du travail, l’invalidité, la maternité ainsi que certaines périodes relevant de l’assurance vieillesse des parents au foyer ou des aidants.
Les plafonds ne sont pas identiques pour toutes ces périodes. Il serait donc imprudent d’additionner soi-même tous les trimestres figurant sur un relevé en supposant qu’ils seront intégralement retenus pour une carrière longue.
Comment vérifier son relevé de carrière ?
Le relevé de carrière constitue le point de départ le plus utile. Sa consultation permet de retrouver les employeurs et revenus enregistrés, mais aussi de repérer certaines périodes de chômage, maladie, service national ou droits liés aux enfants.
Une attention particulière peut être portée aux années incomplètes, aux changements d’employeur et aux périodes absentes. Lorsqu’une anomalie apparaît, un service de correction de carrière peut être accessible selon l’âge et la situation de l’assuré.
Une simulation peut ensuite donner un premier repère, mais elle doit être interprétée avec prudence. Au 9 août 2026, le simulateur Info Retraite spécifiquement consacré au départ anticipé pour carrière longue affiche encore un avertissement indiquant qu’il ne tient pas compte de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
À l’inverse, Info Retraite indique que son service général « Mon estimation retraite » intègre la réforme de 2023, sa suspension pour certaines générations et la plupart des autres évolutions réglementaires de la LFSS 2026. Les deux outils ne doivent donc pas être confondus.
Lorsque le dossier semble remplir les conditions, l’attestation de départ anticipé pour carrière longue constitue une étape importante. Service Public rappelle également qu’une cessation d’activité ne devrait pas intervenir avant d’avoir obtenu confirmation de sa situation auprès de l’ensemble des régimes de base et complémentaires concernés.
Et pour les assurés de Polynésie française ?
Les règles détaillées dans cet article concernent les régimes français visés par les textes nationaux cités. Elles ne doivent pas être transposées automatiquement au régime de retraite propre à la Polynésie française, géré par la Caisse de prévoyance sociale (CPS).
Une personne dont toute la carrière relève de la CPS ne peut donc pas déterminer son âge de départ en utilisant simplement le tableau métropolitain ci-dessus. La Polynésie française possède son propre système de sécurité sociale et ses propres conditions de retraite et de départ anticipé.
La situation devient plus particulière lorsqu’une carrière a été partagée entre la Polynésie française et la métropole, ou entre plusieurs régimes. Il existe un dispositif de coordination entre les régimes métropolitains et polynésiens, mais aucune équivalence automatique avec les nouvelles règles de carrière longue ne doit être déduite sans examen des textes applicables au parcours concerné.
Dans ce cas, la CPS et la ou les caisses métropolitaines compétentes restent les interlocuteurs adaptés pour vérifier les périodes reconnues et les droits ouverts.
Mon point de vue
À mon avis, le principal intérêt de cette évolution ne réside pas seulement dans les quelques mois gagnés par certains futurs retraités. Elle rappelle surtout combien une carrière réelle peut différer d’un tableau général : emplois précoces, périodes familiales, interruptions, changements de régime ou parcours entre la métropole et la Polynésie.
Une annonce favorable mérite donc d’être accueillie avec mesure. Le relevé individuel et la confirmation de la caisse comptent davantage qu’une comparaison rapide avec le cas d’un proche. Une retraite préparée sur des données exactes protège aussi contre une décision trop précoce et ses conséquences financières.
Ce qu’il faut retenir
- Les nouvelles dispositions concernent les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.
- Certaines personnes nées entre 1964 et 1970 ayant commencé avant 20 ans peuvent partir quelques mois plus tôt, sous réserve de remplir toutes les conditions.
- Les seuils de début d’activité avant 16, 18, 20 ou 21 ans continuent d’exister.
- Jusqu’à deux trimestres liés aux enfants peuvent être retenus parmi les périodes réputées cotisées dans les conditions prévues par les textes.
- Il ne s’agit pas de deux trimestres automatiques par enfant.
- L’année de naissance, le début d’activité et la durée cotisée ou réputée cotisée restent déterminants.
- Le régime de retraite de la CPS en Polynésie française répond à des règles propres.
- Une confirmation officielle des caisses concernées reste nécessaire avant une décision de cessation d’activité.
Questions fréquentes
Qui est concerné par les changements de septembre 2026 ?
Deux évolutions doivent être distinguées. Le changement d’âge concerne notamment certains assurés nés entre 1964 et 1970 remplissant les conditions de carrière longue, dans le cas documenté d’un début d’activité avant 20 ans. La mesure relative aux enfants peut, elle, concerner des assurés auxquels certaines majorations ou bonifications ont été attribuées. Une même personne n’est pas nécessairement concernée par les deux mesures.
Avoir travaillé avant 20 ans suffit-il pour une carrière longue ?
Non. Le début d’activité avant 20 ans n’est qu’une des conditions. Il faut également avoir acquis suffisamment de trimestres au début de la carrière et justifier de la durée d’assurance cotisée ou réputée cotisée requise.
Pourquoi faut-il cinq trimestres au début de la carrière ?
Le dispositif exige en principe cinq trimestres avant la fin de l’année civile du seuil d’âge concerné. Pour une personne née au dernier trimestre de l’année, quatre trimestres peuvent suffire. L’Assurance retraite mentionne aussi ce cas pour une carrière commencée dans le régime des non-salariés agricoles.
Quels assurés peuvent partir quelques mois plus tôt ?
Pour le cas d’un début d’activité avant 20 ans présenté ici, les changements concernent principalement les générations 1964 à 1970. L’avance peut représenter quelques mois selon l’année et parfois le mois de naissance, mais l’âge ne suffit jamais à lui seul à ouvrir le droit.
Les trimestres pour enfants comptent-ils tous pour la carrière longue ?
Non. Le décret permet la prise en compte de certaines majorations ou bonifications liées aux enfants parmi les périodes réputées cotisées, avec une limite globale de deux trimestres par assuré. Les conditions du régime concerné restent applicables.
La nouvelle règle accorde-t-elle deux trimestres par enfant ?
Non. La limite fixée par le décret est de deux trimestres par assuré pour les majorations ou bonifications concernées. Il ne s’agit donc pas de deux trimestres supplémentaires pour chaque enfant.
Un trimestre validé est-il toujours un trimestre cotisé ?
Non. Certaines périodes peuvent permettre de valider des trimestres sans correspondre directement à une période d’activité cotisée. Pour la carrière longue, certaines périodes sont toutefois réputées cotisées dans des limites précises.
Le simulateur de retraite tient-il déjà compte des changements ?
Pas tous les outils. Au 9 août 2026, le simulateur Info Retraite consacré spécifiquement au départ anticipé pour carrière longue indique encore qu’il ne tient pas compte de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le service général « Mon estimation retraite » est annoncé comme plus largement actualisé. Une simulation reste donc un repère à confronter à la situation individuelle.
Peut-on arrêter de travailler dès que l’on atteint l’âge indiqué ?
Non. L’âge n’est qu’une condition parmi plusieurs. La durée d’assurance et la nature des trimestres doivent également être vérifiées. Une confirmation officielle des différents régimes concernés est nécessaire avant de cesser son activité.
Ces règles s’appliquent-elles à la CPS en Polynésie française ?
Pas automatiquement. La Polynésie française dispose d’un régime propre géré par la CPS. Une carrière exclusivement polynésienne doit être étudiée selon ses règles. Pour une carrière partagée entre la Polynésie et la métropole, les organismes concernés peuvent devoir examiner le dossier au regard des règles de coordination applicables.
Sources consultées
- Décret n° 2026-345 du 7 mai 2026 portant application de l’article 105 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 — Légifrance, publié au Journal officiel du 8 mai 2026, consulté le 9 août 2026.
- Décret n° 2026-700 du 29 juillet 2026 prévoyant diverses mesures relatives aux pensions de retraite des parents — Légifrance, publié au Journal officiel du 31 juillet 2026, consulté le 9 août 2026.
- Carrière longue : quels changements avec la suspension de la réforme des retraites ? — Assurance retraite, mis à jour le 1er juin 2026, consulté le 9 août 2026. La mention relative aux trimestres liés aux enfants reste formulée au conditionnel et est dépassée sur ce point par le décret du 29 juillet 2026.
- Retraite anticipée pour carrière longue du salarié — Service Public, vérifié le 29 août 2025, consulté le 9 août 2026. La page annonce une mise à jour liée aux dispositions applicables au 1er septembre 2026.
- Simulateur de départ anticipé pour carrière longue — Info Retraite, consulté le 9 août 2026. Le site indique à cette date que ce simulateur ne tient pas encore compte de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.
- Je pars à la retraite : les conditions — Caisse de prévoyance sociale de Polynésie française, consulté le 9 août 2026.

Vous avez trouvé cet article utile ?
Merci d’avoir pris le temps de faire le point sur ces nouvelles règles de la carrière longue et les vérifications à effectuer avant un départ.
Vous pouvez transmettre cet article à un proche qui a commencé à travailler jeune ou qui prépare actuellement son dossier de retraite.
