La médecine douce est une médecine alternative qui aborde le corps dans sa globalité sans utiliser de traitement médicamenteux. Parmi ces thérapies douces, il en existe une qui a particulièrement attiré notre attention. C’est une discipline peu connue qui mérite qu’on s’y intéresse. Il s’agit de la somatopathie MRP.
Cette thérapie s’appuie sur une philosophie particulière qui a fait ses preuves. C’est une pratique manuelle tirée de l’ostéopathie qui traite les douleurs physiques et les souffrances d’origine émotionnelle.
À Tahiti, il existe un somatothérapeute installé au Centre commercial Tamanu à Punaauia. Il s’agit de Richard LARRIPA.
Happy-50plus l’a rencontré pour vous.
Sommaire
Un somatopathe installé à Tahiti

Je m’appelle Richard LARRIPA, j’ai 65 ans et je suis à Tahiti depuis un peu plus de 2 ans. Mon parcours est bien structuré. Ma carrière professionnelle commence en qualité de professeur d’éducation physique, avant d’intégrer l’ENSA – Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme à Chamonix. C’est en qualité de professeur de ski et guide de haute montagne que je poursuis ma carrière pendant plusieurs années. Parallèlement je prépare mon diplôme d’ostéopathe à l’Institut. J’exerce plus particulièrement dans le monde sportif, notamment les activités connectées à la montagne. J’interviens sur tous les traumatismes que peuvent rencontrer les pratiquants de sport d’hiver. Lorsque je me suis occupé de l’équipe nationale B de ski de France, je me suis très vite rendu compte que les athlètes sont plus performants si leur état émotionnel est équilibré. Après ma qualification d’ostéopathe, j’ai préparé et obtenu mon diplôme de somatopathe.
Qu’est-ce que la somatopathie exactement ?
C’est une thérapie qui permet de travailler sur la structure et aussi sur les maladies et déséquilibres du corps humain, non seulement viscéraux mais aussi structurels. L’approche de la somatopathie est totalement différente de l’ostéopathie classique dans la mesure où nous n’exerçons pas de manipulations de type intrusives comme les « cracking » (craquements). Dans la somatopathie, on travaille sur l’impact des émotions sur le corps. On sait à présent que les émotions déclenchent des processus physiologiques importants sur les organes ou sur la structure. Mais l’approche n’est pas du tout manipulative. On travaille surtout sur le crâne, sur le sacrum et notamment sur la structure qui les relient c’est-à-dire la colonne vertébrale.
Un travail sur les méridiens énergétiques
Le travail se fait sur les méridiens chinois, comme en acupressure et en acupuncture. Mais on ne fait pas usage des aiguilles comme dans l’acupuncture traditionnelle. Tout est manuel, ce qui permet d’éviter toute manipulation intrusive. Cela me permet de travailler sur des bébés en très bas âge, sur des personnes âgées très fragiles. Et sur les individus qui n’apprécient pas le travail structurel et le « cracking » très courant en chiropraxie et en ostéopathie classique.
Une méthode plus douce
La somatopathie est-elle une thérapie à part entière ou est-elle un complément à l’ostéopathie ?
La somatopathie a été créée par monsieur Maurice Raymond POYET, un ostéopathe réputé aux États-Unis et dans les pays nordiques. Suite à ses recherches, il a élaboré et mis en pratique une technique différente et une approche beaucoup plus douce qui était au départ un examen crânial. Comme il disait « Ce qui m’importe, moi, c’est de travailler comme le toucher d’une aile de papillon sur le corps », ça veut bien dire ce que ça veut dire. C’est-à-dire que l’on peut être tout aussi efficace en étant extrêmement précis sur des zones bien localisées du corps qu’en faisant des « cracking » qui causent une autre forme de traumatisme. Monsieur POYET est malheureusement décédé mais son empreinte est suffisamment forte aujourd’hui puisqu’il existe 3 écoles dans le monde qui préparent au diplôme de somatopathe.
Sans contre-indication
Tout le monde peut-il être soigné par la somatopathie ? Y’a-t-il des contre-indications ?
Non justement, il n’y a aucune contre-indication. C’est ce qui fait le propre de ce type d’approche en somatopathie. Il ne peut pas y avoir de lésion ou de traumatisme créé par une mauvaise manipulation. Pour le travail sur les cervicales par exemple, il n’y a pas de manipulations des vertèbres cervicales mais des touchers très très légers sur des zones très précises.
Un travail à distance
Il faut savoir par exemple que pour une malformation du crâne chez le nouveau-né, on ne travaille pas sur le crâne du tout. On travaille sur le sacrum, aussi bizarre que cela puisse paraître. Un fœtus qui se développe dans le ventre de sa maman, ce n’est pas comme une fougère qui se développe en pleine nature, de bas en haut en se déroulant. Le fœtus lui se développe par le centre. Au départ, le crâne et les pieds sont soudés, donc l’ouverture se fait par le centre. On se retrouve avec le crâne à une extrémité, et les pieds à une autre. C’est le principe de l’ostéopathie raffinée, on pourrait dire. Le travail se fait à distance très précisément, il y a des ramifications informationnelles entre le crâne et les pieds.
Des résultats étonnants sur les enfants
Par ailleurs, je travaille très souvent avec des enfants et des adolescents intenables, dissipés, qui ont des problèmes scolaires, des problèmes de concentration, des troubles du comportement. Avec l’ostéopathie crânial, on arrive à faire presque de petits miracles. J’ai vraiment de très bons résultats avec ça.
Le cancer aussi

Est-ce que les personnes atteintes de pathologies graves comme un cancer par exemple peuvent tirer un bénéfice de cette méthode ?
J’ai des patients qui ont un cancer, qui ont des tumeurs. Il n’y a pas du tout de prétention de guérir un cancer. Simplement, le but est de rééquilibrer tous les déséquilibres du corps de façon à ce que l’organisme retrouve toutes ses fonctions en entamant un processus d’auto-guérison. Le corps possède ses propres défenses auto-immunes. En traitant le corps dans sa globalité, esprit et corps, on arrive à rétablir des dysfonctionnements, ce qui peut aider à résorber certaines tumeurs. C’est assez stupéfiant. Après un ou deux mois de traitement, certains médecins s’aperçoivent après un scanner que certaines zones ont perdu de leur densité, perdu de leur volume. Je ne veux pas être prétentieux à ce niveau-là, mais je peux dire que la somatopathie apporte beaucoup de confort dans la vie quotidienne du patient : meilleur appétit ? moins de nausées ? amélioration du sommeil ? meilleure digestion ? etc.
Des traumatismes émotionnels
Quels sont les problèmes les plus courants que vous traitez chez les personnes âgées avec la somatopathie ?
Avant la naissance, les émotions vécues par la mère pendant sa grossesse sont transmises à l’enfant. Ce qui veut dire que vous et moi lorsqu’on nait, on a déjà un bagage émotionnel qui nous appartient sans nous appartenir. Là-dessus viennent se greffer toutes nos propres émotions, tout ce qu’on a vécu, sachant que les parcours de vie peuvent être très différents selon les personnes. Il peut y avoir des événements très forts qui nous impactent. Par exemple, la perte d’un être cher, des traumatismes intimes, ce qui impacte le corps sans que la personne ne le sache vraiment. Avec la somatopathie, on arrive à identifier l’origine de la problématique. C’est cela qui est important au niveau du traitement. Chez les personnes âgées, on a beaucoup de problèmes qui ne sont pas forcément dus à des impacts émotionnels, mais très souvent oui.
Des problèmes articulaires et digestifs
Je rencontre beaucoup de problèmes articulaires, d’ostéoporose, d’arthrite, d’arthrose dont les origines sont toujours les mêmes pour tout le monde. Et des problèmes d’ordre digestif. On a de très très bons résultats. Sans prétention, on a vraiment de très bons résultats. On peut également intervenir sur des problèmes d’ordre névralgique : douleurs vertébrales, céphalées, sciatiques et lombalgies. Ou d’ordre viscérale comme les troubles urinaires ou gynécologiques.
Une hygiène de vie incorrecte
J’associe aussi mon travail à des conseils en nutrition puisque beaucoup de déséquilibres articulaires ou fonctionnels sont dus à de très mauvaises habitudes alimentaires. À une hygiène de vie qui n’est pas correcte. Il faut comprendre que je ne travaille pas simplement sur une épaule parce qu’on vient me voir pour une épaule. Mais je cherche à comprendre et à identifier pourquoi il y a eu ce problème et d’où il vient. Et avant de travailler sur l’épaule, je travaille sur la structure dans son ensemble pour rétablir un équilibre.
Un travail sur la personne dans sa globalité
Souvent les gens sont surpris parce que pour une problématique spécifique à un endroit particulier, je ne travaille pas forcément sur cette zone tout de suite. Par exemple s’il y a un problème de genou, ça peut être un déséquilibre au niveau des hanches, il peut également y avoir un problème d’alignement vertébral. On fait vraiment une analyse et un travail sur la personne dans sa globalité.
Combien de temps dure une séance de somatopathie ?
C’est une bonne heure. Durant la première séance, je fais un bilan général et je note tous les déséquilibres. Bien sûr que je ne peux pas tout traiter en une séance. En général je propose aux patients de faire 3 séances de base, espacées chacune de 10 à 15 jours, le temps que le corps intègre bien le travail qui a été fait. Dépendant de la pathologie, au bout de 3 séances on fait un bilan pour savoir si on continue, puisque qu’il peut y avoir des choses plus ou moins lourdes, plus ou moins graves. Ou est-ce qu’au bout de 3 séances vous vous sentez bien, et ça suffit.
Est-ce que la consultation est remboursée par la CPS ?
Une séance coûte 9.000 francs, mais tout comme en France, la consultation n’est pas remboursée par la Caisse de Prévoyance Sociale (CPS). Mais les mutuelles, oui.
Conseils d’hygiène pour les quinquas et les seniors
Quels sont les conseils d’hygiène que vous pouvez donner aux quinquagénaires et aux seniors pour améliorer leur vie ?
La première chose ici, c’est qu’on est sous les Tropiques. On a souvent tendance à oublier de s’hydrater convenablement. Il faut savoir que la déshydratation cause beaucoup de problèmes. C’est très insidieux, parce qu’on ne se rend pas compte. La nutrition également est importante. Il faut comprendre que la nourriture trop riche n’est pas adaptée au climat d’ici. On doit considérer de faire attention à son alimentation, c’est une chose importante. On trouve des fruits extraordinaires à Tahiti, manger des légumes, manger du poisson. Il y a du poisson fabuleux ici. Changer son alimentation et comprendre que ce n’est pas la quantité qui importe, mais la qualité de ce que l’on met dans son corps.
Manger et bouger surtout
Et puis je dirais que la troisième chose, c’est d’avoir un minimum d’activité physique, surtout si l’on a arrêté de travailler. Parce que lorsqu’on a un travail on a un rythme, on se lève à telle heure, on fait ci, on fait ça, le corps bouge. Du jour au lendemain se retrouver sans bouger. Profiter de l’océan qui est magnifique, des eaux chaudes, des eaux claires. Aller se baigner tous les jours par exemple. Aller marcher. Des activités simples, c’est la marche et aller nager un peu, aller tremper son corps dans l’eau de mer. On a des séances de thalasso et de balnéo qui coûtent très chères en Europe et aux États-Unis, ici c’est gratuit, alors profitez-en.
Un déséquilibre alimentaire prononcé
On voit en ce moment une campagne de promotion du gouvernement en faveur d’une alimentation saine et naturelle. Selon vous qu’est-ce que le gouvernement pourrait faire d’autre pour améliorer la santé et le bien-être de la population ?
Après étude, on se rend compte assez rapidement qu’il y a de très nombreuses personnes qui sont touchées par un déséquilibre alimentaire. Et surtout, je dirai qu’ici comme aux États-Unis, il y a de gros abus au niveau du sucre, des boissons sucrées. On a constaté qu’il y a une petite population infantile qui souffre déjà d’obésité. Ça ne laisse pas présager quelque chose de très bon. C’est sûr que le sucre doit être évité. Malheureusement on le retrouve même dans les sauces quand on va manger dans les roulottes. Faire attention au sucre, et surtout aux boissons sucrées. Réhabituer les enfants à boire des jus de fruits frais, de l’eau régulièrement. Arrêter les sodas, Coca et Sprite bourrés de sucre et d’additifs toxiques, de produits chimiques. Éviter de manger du pain blanc, ces gros sandwiches avec de la mayonnaise et des choses comme ça.
Privilégier les produits locaux et naturels
Revenir au ma’a tahiti, tel qu’on peut le retrouver dans les recettes de grand-mère. D’ailleurs l’autre jour je regardais des photos en noir et blanc de 1965 et ’70, il n’y a pas si longtemps que ça. Et aujourd’hui on voit bien que la population a changé. En ’70, les gens étaient sveltes, dynamiques. Pourquoi, parce qu’ils mangeaient du bon poisson, des bons fruits, des bons légumes. Il n’y avait pas de problème d’obésité et de diabète. Parce que le diabète malheureusement ça fait des dégâts terribles. Voilà c’est ça, soyez vigilants surtout avec vos enfants. Faites leur comprendre qu’il faut arrêter de boire ces boissons sucrées.
Arrêter le sucre et le pain blanc
Manger équilibré. Bon ici en Polynésie française il y a toujours un accompagnement qui est le riz. En Asie aussi, les gens mangent du riz. Regardez les asiatiques, ils ont une constitution fine, on ne peut pas dire que c’est le riz qui fait grossir. C’est le sucre qui fait grossir, et le pain blanc. Parce que le pain blanc malheureusement c’est un pain qui n’apporte rien. Il faut essayer de manger des pains qui sont un peu plus équilibrés comme des pains complets ou semi-complets.
Vous pouvez suivre Richard LARRIPA sur :
Son site internet : www.somatopathie.fr
Sa page Facebook : Somatopathie Tahiti
Pour prendre rendez-vous ou avoir de plus amples renseignements, vous pouvez le joindre au Tél. 87.33.63.50, ou par email : rl.somatosteo(@)gmail.com (retirer les parenthèses)
Et vous, avez-vous déjà entendu parler de cette thérapie ?



