Chirurgie cardiaque - Le maintien des fonctions vitales

Chirurgie cardiaque – En direct du bloc opératoire

La chirurgie cardiaque est une opération à cœur ouvert destinée à réparer une défaillance ou une lésion du cœur. Cet acte chirurgical oblige le chirurgien à ouvrir la poitrine pour accéder au cœur. Le plus souvent, les chirurgiens pratiquent ce geste pour réaliser un pontage coronarien ou remplacer une valve aortique défectueuse. Une chirurgie cardiaque peut également se faire lorsque le patient souffre d’un anévrisme aortique, qui est un renflement dans l’artère principale qui altère le cœur.

Dans cet article, je souhaite vous partager le déroulement d’une chirurgie cardiaque et comment les fonctions vitales sont maintenues durant l’opération.

Préparation à la chirurgie cardiaque

Crédit vidéo © E-IADE prépa concours – Youtube

Les opérations à cœur ouvert sont généralement lourdes et nécessitent un temps d’hospitalisation moyen allant de 7 à 10 jours. Bien entendu, ce séjour peut être plus long selon le type de chirurgie cardiaque. Après le bloc, le service de soins intensifs -également appelé service de réanimation, vous accueille pendant 1 à 3 jours selon le cas.

La veille de l’opération, vous pourrez manger et boire normalement. À partir de minuit, le patient doit être à jeun.

Le chirurgien demande au patient de se laver le haut du corps avec un savon antibactérien. Un membre de l’équipe soignante devra peut-être raser la poitrine du patient, voire lui demander de se raser le corps entier avant de partir au bloc opératoire.

Les médecins doivent souvent effectuer des examens préopératoires avant la chirurgie. Cela va de la surveillance du cœur (ETO ou ETT, scanner, coronarographie…) à des bilans sanguins. L’infirmière pose une ou deux cathéters pour permettre l’administration par voie intraveineuse des produits médicamenteux pendant l’opération.

Une fois que l’équipe médicale a terminé la préparation du patient et les réglages des différentes machines, l’anesthésiste administrera une anesthésie générale.

Pendant l’opération du cœur

La durée d’une chirurgie cardiaque dépend du type d’intervention et des besoins du patient. À titre indicatif, pour un pontage coronarien, l’opération prend entre 3 et 6 heures. Mon opération pour le remplacement de mon aorte ascendante par une prothèse de type Tirone David a duré 8h15.

Pour accéder au cœur, le chirurgien effectue une incision au milieu de la poitrine, au niveau du sternum. Cette opération s’appelle une sternotomie.

Ventilateur mécanique

Durant l’intervention, plusieurs machines assistent le patient pour maintenir ses fonctions vitales.

Le ventilateur mécanique est la machine qui va permettre l’arrivée en oxygène durant toute l’opération. Il peut être une aide pour respirer ou prendre le contrôle total de la respiration si le patient ne respire plus de manière autonome. En effet, parfois la sédation ou l’anesthésie peut éliminer le réflexe naturel de la respiration. C’est pourquoi on place parfois les patients sous une ventilation mécanique afin de régulariser leur respiration et de faciliter le travail du cœur.

Le ventilateur mécanique se compose d’une sonde qu’on insère par le nez ou par la bouche. Afin de limiter l’inconfort, on administre un sédatif en amont. L’infirmière introduit la sonde à l’intérieur de la trachée pour intuber le patient. Pour extuber le patient, il faut extraire la sonde et interrompre  le fonctionnement du ventilateur.

Avant que ne débute la cardiochirurgie, il convient de régler la quantité en oxygène, la fréquence des respirations et la pression des voies respiratoires afin de répondre aux besoins du patient.

Quand un sénior est placé sous ventilation mécanique durant une chirurgie cardiaque, il effectue toujours un séjour postopératoire dans l’unité des soins intensifs. L’équipe médicale va l’observer et suivre de près son état de santé. La durée pendant laquelle le patient doit rester branché au ventilateur dépend de son état, de la gravité de sa situation, du type de chirurgie et, parfois de l’âge du patient.

Lorsque l’équipe médicale juge que l’état du quinqua est suffisamment stable, on éteint les contrôles jusqu’à ce qu’il respire par lui-même. On retire ensuite la sonde de la trachée et on éteint l’appareil.

Circulation extracorporelle

Crédit vidéo © Hopitaux Universitaires de Genève – Youtube

Dans la plupart des chirurgies cardiaques, on doit arrêter le fonctionnement du cœur et des poumons. Pour stopper le cœur, le chirurgien injecte au patient un liquide appelé cardioplégique. Ce produit possède une composition élevée en potassium qui préserve le muscle cardiaque lorsque le cœur est en arrêt et l’acheminement du sang suspendu.

Une fois la cardioplégie réalisée, le cœur ne pompera plus de sang. Les organes ne sont donc plus alimentés en sang et en oxygène. Il faut alors mettre en place une procédure que l’on appelle la circulation extracorporelle (CEC). Elle permet au sang de circuler dans le corps artificiellement. Le patient est alors « en dérivation ».

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Les chirurgiens insèrent des sondes spéciales dans les grands vaisseaux du cœur. Celles-ci vont acheminer le sang du patient vers une pompe mécanique et un poumon artificiel. Ce dispositif prend en charge le fonctionnement du cœur et des poumons. De l’oxygène est transporté et le dioxyde de carbone est extrait, avant de redistribuer le sang vers l’aorte du patient. Le corps et les organes vitaux reçoivent l’oxygène dont ils ont besoin pour continuer à fonctionner normalement.

Le système de circulation extracorporelle comporte aussi des pompes qui récupèrent le sang, des dispositifs de contrôle et de surveillance, des réservoirs, des sondes et des filtres.

Ce type d’appareil médical s’appelle cœur-poumon artificiel, car il prend en charge le travail des deux organes.

Afin de prévenir la formation de caillots de sang, un anticoagulant est administré au senior avant l’opération.

Les risques de la circulation extracorporelle

Comme tout acte chirurgical, la circulation extracorporelle comporte des risques. Ceux-ci varient en fonction de l’âge du patient, de son état et de la complexité de la chirurgie cardiaque.

De manière générale, les complications sont rares. Elles peuvent comprendre le décès, l’accident vasculaire cérébral ou les crises cardiaques, des saignements et une infection, ainsi que des dommages aux organes ou aux tissus. De plus, le fait d’être branché à l’appareil de circulation extracorporelle expose le sang qui circule dans le circuit à des surfaces étrangères, ce qui peut causer une inflammation.

Maintien extracorporel des fonctions vitales

Cette technique s’appelle l’oxygénation extracorporelle car elle permet de maintenir la fonction du cœur et des poumons. Elle ressemble à une dérivation mais elle n’est habituellement pas utilisée dans les situations où la chirurgie constitue le principal objectif.

Le maintien extracorporel des fonctions vitales (MEFV) assure l’apport en oxygène dans le sang par le biais d’un « poumon artificiel » et la circulation du sang lorsque le cœur est arrêté. On utilise toutefois cette technique pour soutenir le cœur ou pour permettre au cœur et aux poumons de se reposer.

L’appareil de maintien extracorporel des fonctions vitales est souvent utilisé en postopératoire dans l’unité des soins intensifs cardiaques. Il favorise la récupération, surtout si l’état du patient âgé n’est pas stable. Il peut parfois être utile avant la chirurgie en cas d’insuffisance cardiaque ou pulmonaire.

Le MEFV peut également être utilisé pour aider les patients en détresse respiratoire. Il peut s’agir par exemple de patients dont les poumons ont été endommagés. Les perfusionnistes ou les spécialistes de l’oxygénation extracorporelle sont les soignants habilités à manipuler l’appareil.

La procédure de MEFV est très similaire à la circulation extracorporelle car elle nécessite l’utilisation de sondes spéciales afin de rediriger le sang. Cependant, certains patients peuvent être conscients même lorsque le MEFV est en place. Là encore, le type d’intervention détermine le choix de l’utilisation d’une méthode plutôt qu’une autre.

Le MEFV peut conduire à diverses complications pendant l’intervention, notamment l’infection, le traumatisme crânien, la défaillance de plusieurs organes et le saignement.

Hémoconcentration

L’hémoconcentration est un dispositif qu’on met en place pendant ou après une dérivation. Il s’agit d’éliminer le liquide du sang pour augmenter la concentration d’hémoglobine et de globules rouges. Les solutions administrées pendant la chirurgie cardiaque peuvent augmenter le volume sanguin du patient et diluer la concentration de globules rouges. C’est ce qu’on appelle l’hémodilution.

Hypothermie profonde avec arrêt circulatoire

L’hypothermie est le refroidissement du corps en dessous de sa température normale (37°C). Les gens deviennent hypothermiques s’ils sortent longtemps dans le froid sans porter suffisamment de vêtements chauds pour les protéger du vent et de l’air froids. L’hypothermie peut être très nocive pour le corps. Quant à l’hypothermie profonde avec arrêt circulatoire, on doit la réaliser de manière informée et contrôlée.

L’arrêt circulatoire est une technique utilisée pour faciliter la chirurgie cardiaque complexe. Il s’agit d’arrêter la circulation sanguine dans le corps du patient.

En cas d’hypothermie profonde où la circulation s’arrête, la température corporelle est volontairement réduite à environ 20°C et la machine cœur-poumon s’arrête. Il existe plusieurs façons d’enclencher une hypothermie profonde, notamment en abaissant la température ambiante, en plaçant des glaçons autour du corps du patient et en utilisant des couvertures de refroidissement spéciales. La principale méthode consiste à refroidir le sang quand il passe par l’échangeur de chaleur dans le cœur-poumon artificiel.

Comment l’arrêt circulatoire aide-t-il pendant la chirurgie cardiaque ?

Les patients reliés à une machine cœur-poumon voient leur température corporelle abaissée pour ralentir leur métabolisme et les protéger des traumatismes crâniens. Parfois, il est nécessaire d’arrêter toute la circulation vers le patient pour effectuer une action spécifique. Dans ce cas, la température corporelle du patient est abaissée à 20°C et des glaçons sont placés sur la tête du patient pour éviter un traumatisme crânien. C’est ce qu’on appelle une hypothermie profonde d’arrêt circulatoire. Le refroidissement du corps est mis en œuvre pour le protéger et réduire ses besoins en oxygène, tout comme un animal est protégé durant son hibernation pendant le froid de l’hiver.

Perfusion cérébrale sélective

La perfusion cérébrale sélective est une technique qui consiste à fournir un soutien circulatoire et métabolique au cerveau tout en arrêtant le flux sanguin vers le reste du corps pendant les périodes d’arrêt circulatoire.

Cette approche est souvent utile pour des procédures complexes nécessitant un arrêt circulatoire, telles que celles visant à corriger des malformations cardiaques congénitales complexes. Elle offre une meilleure protection pour le cerveau et aide à minimiser le risque d’accident vasculaire cérébral et d’autres complications graves. En maintenant le flux de sang et d’oxygène vers le cerveau, l’arrêt de la circulation ne doit pas durer longtemps.

Qui est en salle d’opération pour une chirurgie cardiaque ?

Une équipe de médecins et d’autres professionnels de la santé travaillent ensemble dans la salle d’opération lors d’une chirurgie à cœur ouvert.

L’équipe est susceptible d’inclure :

  • le chirurgien en chef qui dirigera les autres chirurgiens qui assisteront pendant l’opération,
  • l’anesthésiste, en charge d’anesthésier et de surveiller les signes vitaux,
  • l’équipe de perfusion, également connue sous le nom de perfusionnistes, fait fonctionner la machine cœur-poumon et d’autres équipements techniques qui prennent en charge la chirurgie à cœur ouvert,
  • infirmiers et techniciens, qui assistent l’équipe chirurgicale et préparent le bloc opératoire pour la chirurgie.

Récupération après une chirurgie cardiaque

La chirurgie à cœur ouvert est une opération majeure qui nécessite une surveillance étroite et une prise en charge postopératoire immédiate.

Il est normal qu’un patient adulte reste dans l’unité de soins intensifs pendant quelques jours après l’opération pour recevoir des soins supplémentaires.

Après l’opération du cœur, un tube respiratoire reste parfois en place pendant un certain temps pour faciliter la respiration. Une perfusion reste également dans la veine pour administrer des médicaments qui soulagent la douleur. Un patient peut se retrouver encore relié à certains  équipements de surveillance.

Après avoir quitté les soins intensifs, le patient reste généralement à l’hôpital pendant environ une semaine.

L’équipe médicale du service de cardiologie guide la réadaptation pendant la surveillance postopératoire. Un kiné accompagnera le patient dès son admission en soins intensifs pour l’aider à récupérer ses capacités respiratoires et sa mobilité. Outre les constantes, plusieurs examens viendront ponctuer l’hospitalisation en cardiologie : ETT, radio du thorax, scanner, bilans sanguins, etc. Les médecins adapteront les médicaments à la situation du patient et s’assureront du bon fonctionnement de son système digestif.

3 semaines de rééducation cardiaque

Après l’hospitalisation, un séjour en centre de rééducation fonctionnelle pour trois semaines en moyenne est nécessaire.

Pendant cette réadaptation du cœur :

  • Les médecins définissent un programme de rééducation spécifique sous la conduite de kinés. 20 à 30 minutes de gymnastique douce par jour, 20 à 30 minutes de vélo ergomètre par jour. Et aussi, marche dans les escaliers, et activités sociales en groupe.
  • Vous bénéficiez d’une séance d’informations avec une nutritionniste sur le régime alimentaire à observer.
  • Il est tout à fait normal de ressentir de la fatigue et des douleurs après une chirurgie cardiaque.
  • Suivez les conseils de l’équipe médicale sur le soin des plaies. Faites attention aux signes d’infection autour de la plaie thoracique, tels que des rougeurs ou des écoulements.
  • Portez toujours votre corset pour éviter l’ouverture de la plaie.
  • Prévenez rapidement le médecin qui vous suit pendant votre hospitalisation en cas de symptôme d’infection potentiellement grave. Ceux-ci comprennent des difficultés respiratoires, de la fièvre et une transpiration excessive.
  • Le suivi varie pour chaque individu, mais peut inclure des tests sanguins, des scintigraphies cardiaques et des tests d’effort.

Convalescence à domicile

Dans le cadre d’un programme de réadaptation cardiaque spécifique, certains spécialistes peuvent offrir un soutien spécialisé pour les activités quotidiennes. Il en est de même pour d’autres aspects de la récupération. La convalescence à domicile après avoir quitté l’hôpital ou le centre de rééducation cardiaque prend généralement entre 4 et 6 semaines, voire plus.

Soyez patient et prenez votre temps. Il faut plusieurs semaines ou mois pour revenir aux niveaux d’activité habituels.

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